La commune d’Ayent entend faire en sorte que l’eau reste en mains publiques. Dans cette perspective, elle a décidé d’adhérer à la Déclaration « L’Eau, bien public », élaborée par l’Association suisse pour le contrat mondial de l’eau (ACME-Suisse). Ayent est la seule commune valaisanne à avoir mis en oeuvre cette démarche adoptée par le Conseil communal lors de sa séance du 18 octobre 2007. Elle a ainsi grossi les rangs d’ACME-Suisse qui compte aussi en son sein les communes de Delémont, Tramelan, Lausanne, d’Yverdon-les-Bains et Onex.
Intéressé, selon ses propres termes, par tout ce qui touche à l’écologie et au développement durable, le municipal Serge Aymon fait siens les considérants de la Déclaration d’ACME-Suisse, selon lesquels « affirmer le droit à l’eau, c’est garantir que tout être humain a accès à l’eau potable de manière équitable et durable, à un coût abordable, en un lieu accessible et en toute sécurité ».
Eviter la spéculation
« En adhérant à cette déclaration d’intention, la commune d’Ayent a voulu éviter qu’à l’avenir, l’eau soit gérée par des entreprises privées et, surtout, qu’elle fasse l’objet de spéculations », explique le conseiller communal avant de poursuivre : « Affirmer que l’eau est un patrimoine commun de l’humanité, c’est reconnaître qu’elle appartient à tous et que personne ne peut se l’approprier. Il est aussi de la responsabilité de tous et de chacun de transmettre cette ressource aux générations futures dans les meilleures conditions possibles. » Et de surenchérir : « Nous sommes parfaitement conscients que nous devrons partager cette eau à l’avenir. »
Mesures d’assainissement
La garantie que l’eau demeure en mains publiques a donc constitué la motivation fondamentale des autorités locales d’adhérer à la Déclaration d’ACME-Suisse. « La commune entend donc prendre toutes les mesures qui s’imposent pour gérer son eau de manière efficace et économique », précise l’élu. Des mesures d’assainissement ont été instaurées, notamment par la mise en place d’un système biologique de recyclage des eaux usées lors de la construction de la station d’épuration. D’autres démarches sont en cours, qui portent sur la recherche d’eau potable en sous-sol.
Serge Aymon se réjouit tout particulièrement du fait que sa commune soit la première, en Valais, à avoir signé la Déclaration « L’eau, bien public ». Depuis l’élaboration du Plan d’aménagement local en 2000, Ayent fait d’ailleurs figure de précurseur dans de nombreux domaines. En 2004, elle s’est vu décerner le label « Cité de l’énergie » et elle a été la première à élaborer un règlement communal d’utilisation rationnelle de l’énergie et de promotion des énergies renouvelables. Elle est la première aussi à accueillir sur son territoire une villa Minergie-Eco, concept faisant appel exclusivement aux énergies renouvelables et à l’utilisation de matériaux naturels.
Source : Charles Méroz, Le Nouvelliste, 12 janvier 2008