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La désertification frappe aussi les océans
14 février 2008

Après dix ans d’observation assidue par satellite, des chercheurs américains révèlent que les déserts biologiques des océans s’agrandissent plus vite qu’on ne l’imaginait. Il faut savoir en effet que la notion de désert ne s’applique pas qu’aux grands terrains secs et arides. Il existe aussi, dans les océans - principalement dans les régions subtropicales du Pacifique et de l’Atlantique et dans le sud de l’Océan Indien - d’immenses zones quasiment privées de vie végétale et animale.

Une équipe scientifique américaine, basée à Hawaï et conduite par Jeffrey Polovina, vient de publier dans la revue « Geophysical Research Letters » le résultat de recherches menées entre 1997 et 2006. D’où il ressort que les surfaces des déserts océaniques ont augmenté de quelque 15%.

Ce constat a été rendu possible par le recours à un satellite spécial (SwaeWifs, Sea-viewing Wide Field-of-view Sensor) qui, avec une résolution d’un pixel pour 9 kilomètres, recense la production de chlorophylle des océans et traduit les données recueillies dans des cartes colorimétriques : plus les eaux sont vertes et plus elles sont riches en organismes de photosynthèse, plus au contraire elles sont bleues et plus elles indiquent une faible densité d’éléments nutritifs et donc la présence de déserts biologiques.

En dix ans, ces chercheurs ont donc noté que ces zones désertiques océaniques s’agrandissaient. Ce qui s’explique notamment par le réchauffement des eaux de surface. Plus la température de celles-ci augmente, plus elle ralentit les échanges verticaux avec les eaux froides du fond. Et c’est toute la production végétale qui en pâtit : la réduction de plancton végétal en raison du manque de sels nutritifs entraîne celle du plancton animal, ce qui perturbe considérablement toute la chaîne alimentaire marine. Ce phénomène est connu. Mais ce qui étonne aujourd’hui les scientifiques, c’est son accélération 10 à 25 fois plus forte que les modèles existant.

Reste à savoir ce qui précisément provoque le réchauffement des eaux de surface. Les changements atmosphériques ? Les activités humaines ? Les chercheurs n’ont pas d’avis tranché. Dix années d’observations, disent-ils, ne suffisent pas à expliquer le phénomène. Et comme la durée de vie de leur satellite n’est pas assez longue, ce n’est pas demain que l’on aura une réponse définitive à ces questions. (Sources diverses)


Jeffrey J. Polovina, Evan A. Howell & Melanie Abecassis : “Ocean’s least productive waters are expanding”, Geophysical Research Letters, 14 février 2008, disponible sur le site web de l’American Geophysical Union


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